Alexandre Ory Architecte
« Une architecture en sympathie »
Depuis trente ans, Alexandre Ory tisse un maillage de projets riches et variés, alliant des territoires réenchantés, des formes fortes et élégantes, et des patrimoines réhabilités. Sa démarche humaniste, singulière et cohérente, se fonde sur une attention extrême aux autres et aux lieux, à tout ce qui fait la matière du projet. En misant sur l’importance de l’engagement de l’architecte auprès des maîtres d’ouvrages et des usagers, il défend une création sensible et une production exigeante qui rendent à la maîtrise d’œuvre complète toute la noblesse du métier.
L’atelier
L’atelier occupe un ancien atelier d’ébénisterie dans la cour du Bel Air, au cœur du Faubourg-Saint-Antoine, un lieu chargé de l’histoire artisanale de l’Est parisien.
Cette cour faubourienne est devenue aujourd’hui un havre paisible et charmant, en retrait du tumulte de la ville.
Maison de haute couture parisienne à l’escalier ondulant, hôtel savoyard démultipliant les pans pointant vers le ciel, viaduc aux piles massives scandant le territoire, bloc monumental aux facettes miroitantes… les projets développés par Alexandre Ory se présentent comme des constructions pragmatiques, aussi bien élégantes que fonctionnelles. Grâce à une lecture rigoureuse du contexte, physique comme immatériel, l’architecte s’attache, par sa production plurielle, à donner aux maîtres d’ouvrage et aux usagers les moyens de s’approprier l’espace qui les entoure.
De la genèse des idées, fourmillantes et puissantes, à la conception plus raisonnée durant les phases d’études et jusqu’au chantier, aucune temporalité n’est laissée de côté. Alexandre Ory en est convaincu, c’est en éprouvant l’ensemble des étapes du projet que la création architecturale peut répondre à la complexité des programmes et des demandes des maîtrises d’ouvrage. Une solide expérience qu’il met ensuite au profit de la conception et de la gestion du chantier de l’hexagone Balard pour Nicolas Michelin de 2012 à 2016. Responsable de l’enveloppe, il met au point les ingénieux détails de la peau de ce colosse revisité, en dialogue perpétuel avec la myriade de bureaux d’études, d’ingénieurs et d’acteurs de tous types qu’un aussi monumental projet peut requérir. En 2016, à l’invitation de Jean-Jacques Ory, son oncle, il rejoint Ory Architecture où il s’attèle à des programmes inédits : la restructuration du siège de la Maison Chanel rue Cambon à Paris, les ateliers de la marque dans la capitale ou encore les luxueux hôtels Le Belvédère et Le Christiania à Méribel et Val-d’Isère. Pour ces derniers, il collabore avec des partenaires hautement reconnus comme le designer Philippe Starck et la décoratrice d’intérieur Sylvia Laquerbe. Ces projets l’amènent à se questionner sur les problématiques de cheminement et de flux qu’il s’agit d’orchestrer méticuleusement pour offrir la qualité d’usages et de services attendue au sein de ces programmes de prestige.
Fils d’architecte formé à l’UP n°7 où il reçoit à la fin des années 90 les enseignements de Patrick Berger et de Pierre-Louis Faloci, Alexandre Ory cherche dès le début de ses études à explorer toutes les facettes du métier. Quand Bruno Fortier l’invite à le rejoindre au sein de l’Institut Français d’Architecture (IFA) et à l’accompagner dans ses travaux de recherches, il y voit l’occasion de se plonger dans le dessin, de réfléchir à la représentation, et de toucher aux outils de la création. Bruno Fortier le sollicite par la suite pour imaginer de vastes pièces urbaines telles que la rue du Chevaleret à Paris, la ZAC de la porte d’Aix à Marseille ou encore le réaménagement des terrains Renault à Boulogne-Billancourt. Ensuite, il rejoint Bruno Gaudin et travaille sur de nombreux objets architecturaux et infrastructures de territoires, comme la Bibliothèque Universitaire de Rennes, le viaduc routier sur la Vilaine à Redon ou encore le quadrilatère Richelieu de la Bibliothèque Nationale de France à Paris. C’est bien en maniant la grande échelle qu’Alexandre Ory développe une sensibilité accrue à la pluralité des voix, des situations et des enjeux qui composent la ville. En somme, il fonde peu à peu la conviction qu’il faut être à l’écoute du monde pour mieux le dessiner.