Pour résorber les bidonvilles de la zone des anciennes enceintes fortifiées de Paris, occupée par une population encore appauvrie dix ans après la fin de la seconde guerre mondiale, l’État décida d’accélérer la construction de logements.
Le MRU, mené par le ministre Eugène Claudius Petit, dans la continuité des HBM construits dans les années 30´, fit étudier un vaste plan masse qui alternait logements, équipements sportifs et espaces verts sur toute la circonférence parisienne.
La Ceinture Verte.
Quelques années plus tard, le nouveau boulevard périphérique viendra ceinturer Paris à l’extrado de ce nouvel anneau de verdure.
En 1955, les architectes Maurice et Michel Beguin, accompagnés de Jean Dubuisson, architecte conseil sur l’opération, furent désignés par la SAGI pour construire en urgence 4 « barres » de 524 logements dans un parc arboré et des équipements sportifs.
Cette étude, menée dans le cadre du DPEA « Transformation Ecologique des constructions du XXᵉ siècle » à l’Ecole d’Architecture de Versailles (ENSAV), s’est concentrée sur un des bâtiments, la barre n°3.
Les 4 scénarii de rénovations étudiés sont déclinables sur l’ensemble des cinq bâtiments du site, puisque construits de la même manière.
L’objectif de Paris-Habitat est d’améliorer la performance thermique de l’enveloppe pour diminuer la consommation énergétique du chauffage et de l’eau chaude sanitaire, afin de maintenir des loyers abordables.
Du fait de l’évolution climatique, des solutions simples et efficaces, peu coûteuses, sont proposées pour améliorer le confort d’été et l’habitabilité des intérieurs.
Pour répondre aux évolutions sociales, l’un des scénarii propose des solutions pour offrir plus de grands logements familiaux.
Les différentes solutions de rénovation permettent d’améliorer le DPE E existant en le remontant à une étiquette D ou C, suivant le montant d’investissement engagé.
Nous avons proposé des solutions de rénovations vertueuses, en travaillant en site occupé, sur une isolation thermique extérieure (ITE) en matériaux bio-sourcés (béton de chanvre, enduit minéral à la chaux, bandeau en terre cuite émaillée) et en conservant la totalité de l’enveloppe existante.
Bien que les surfaces des logements soient assez réduites, ils sont majoritairement traversants et les distributions sont de qualité. Il nous est alors apparu essentiel de conserver ces bâtiments, tous ces logements bien construits et de convaincre Paris-Habitat de ne pas les démolir.
La qualité de ces logements réside également dans le plan-masse très généreusement végétalisé qu’il convient de préserver pour conserver cet îlot de fraicheur et cette réserve de biodiversité précieuse pour le Grand Paris.